Les sapins de Pif Gadget

répertoriés par Joël Fauré

 

Joël Fauré, travaille au greffe du tribunal de Toulouse.  A 13 ans, il habitait à l’orée de la forêt de Buzet-sur-Tarn. «Pif et ses gadgets étaient révolutionnaires à l’époque. Mon père m’a aidé à planter mon arbre et très vite il s’est épanoui», se rappelle-t-il. La maison familiale a été vendue après la mort de ses parents, mais l’arbre est toujours là. Il fait douze mètres et «raconte mon propre parcours», dit Joël Fauré, 49 ans.

En 2011, il s’est lancé dans le recensement des branches d’épicéas vendus en 1975 avec le numéro 347 de « Pif Gadget ». 

Il ouvre alors un blog, et deux ans après 200 personnes ont déjà répondu de différent pays (France, Turquie, Canada, Japon).

Dans son bureau du greffe du palais de justice, il a accroché une carte de France parsemée d’épingles représentant chacun des lecteurs concernés.

A l'Atelier

Wilma Hurskainen

Growth

 

"C'est un projet dans lequel je reconstitue et re-photographie des images que mon père a prises de mes trois petites sœurs et moi lorsque nous étions enfants. J’essaie de faire en sorte que la nouvelle photo ressemble le plus possible à l’ancienne : le lieu et la composition de l’image sont les mêmes ainsi que nos positions et expressions du visage. J’ai toujours été très attirée par la faculté qu’a la photographie à traverser le temps et à permettre ce type de comparaisons.

Je m’intéresse beaucoup aux photos de famille et à la façon dont elles sont prises, conservées et (pas si souvent) regardées.

Les photos de famille sont une façon de refléter un passé et une identité, mais les images dissimulent autant qu’elles révèlent."

 

A l'Atelier

Janelle Lynch

Akna, El jardin de juegos, La fosa comùn

 

"La Fosa Común est une série de photos que j’ai réalisées avec une chambre 8x10 dans la fosse commune de la ville de Mexico. Créée en 1905 et située dans le cimetière principal, elle est toujours utilisée aujourd’hui comme lieu de sépulture des indigents. Le sujet initial s’est élargi jusqu’à représenter un travail d’investigation plus complet portant sur les représentations de tous les aspects du cycle de la vie dans le paysage, incluant la vie, la mort, la perte et la régénération. Ce travail met aussi en avant la beauté de la vie.

Ce projet a été rendu possible grâce à la générosité de Kodak.

 

Akna est une série de portraits de souches d’arbres qui explore le thème de la régénération. J’ai réalisé ce travail en 2006 avec une chambre 8x10 dans une réserve naturelle située dans la chaîne de montagnes du centre de l’état de Chiapas. « Akna » est le mot Maya pour dire « mère » mais il désigne également la déesse de la naissance et de la fertilité dans la culture indigène. En participant ainsi à la création d’une nouvelle vie, les souches bien que tronquées vivent une renaissance métaphorique.

A l'Atelier

Pauline Magnenat

Missing

 

Chaque année, des milliers de personnes sont portées disparues partout dans le monde. La majorité d'entre elles sont retrouvées dans les heures qui suivent leur disparition. Mais il existe aussi des cas non résolus, pour lesquels aucun corps n'est retrouvé, aucun signalement n'est rapporté et aucune preuve n'est découverte malgré des semaines, des mois ou des années d'enquête.

 

Missing s'intéresse aux lieux où ces personnes, qui ont disparu sans être jamais retrouvées ni mortes ni vives, ont été vues pour la dernière fois. Parfois, des affaires appartenant au disparu ont été retrouvées plus tard : une chaussure, un skateboard, une veste ; d'autres fois, il n'y a rien d'autre que la volatilisation inexpliquée, la disparition irrésolue.

A l'Atelier

Sébastien Pageot

Les empereurs

A l'Atelier

"Avec la série des «Empereurs », j’ai choisi de m’intéresser aux traces fragiles et éphémères de constructions enfantines que sont les châteaux de sable.

Abandonnés en fin de journée, ces fabrications deviennent alors le support d’un travail sur la représentation. Au simulacre du jeu de l’enfant, succède le simulacre d’un inventaire de grandioses ruines antiques. 

Grâce à la prise de vue, la quête d’une lumière particulière de fin de journée, un questionnement sur l’échelle de la représentation et à l’utilisation de titres évocateurs, je dessine avec ces châteaux de sable l’inventaire fictif de citadelles et autres monuments."

 

Du document à la représentation. 

Du monde de l’enfance à celui de l’adulte. 

Du petit au grand. 

Du flou au net. 

Du high au low. 

De la photographie à la peinture. 

De la réalité à la fiction…

 

Hugues de Wurstemberger

Pauline et Pierre (film) 

Image & réalisation : Hugues de Wurstemberger 
montage & musique : Lazare Boghossian

 

Il a réuni sous le titre Pauline et Pierre, prénoms de ses deux enfants, un des plus étonnants, justes et émouvants albums de famille. Aucune de ces joliesses convenues qui hantent l’imagerie enfantine, simplement une tonalité juste, aimante, attentive à une enfance qui fait l’apprentissage du monde et se partage entre fantaisie et cauchemar, exubérance, jeux, déguisements et profonds désespoirs qui s’estompent rapidement. Tout cela en noir et blanc et en carré, avec une attention de tous les instants à la lumière et une étonnante et élégante respiration d’un cadre qui refuse l’effet autant que la répétition. Hugues de Wurstemberger est photographe comme il respire. Garde suisse au Vatican, compagnon des populations sahraouies, immergé en Afrique et en Amérique latine ou chroniqueur en Suisse de la petite paysannerie en déclin, il conserve toujours cette fraîcheur de regard, combinée à une exigence extrême, qui font que toutes ses images nous semblent des évidences.

 

Hugues de Wurstemberger est représenté par la Galerie VU'.

A l'Atelier

Mezli Vega Osorno

The valley

A l'ESBANM

C’est par le choix de mes sujets, tantôt des architectures d’intérieurs, tantôt des paysages où l’homme à laissé sa trace, que je fais cohabiter à l’intérieur des images des époques différentes de la ville. Dans mes séries certaines fois, je prends des amorces du réel pour constituer des paysages à la manière de scènes théâtrales, d’autres fois, je prends des instantanés qui m’attirent par leur puissance poétique.

 

Dans mes photographies, des notions de durée créées par des mouvements arrêtés peuvent suggérer des liens avec la temporalité filmique. Des possibles espaces temporels suspendus  dans l’image  apparaissent pour créer un récit, un avant et un après de l’image. Certaines de mes compositions peuvent nous donner à voir des terrains en transition, d’autres ont pour lien  la matière urbaine en changement. Ce qui m’intéresse, c’est de prendre des images où la ville se démontre comme chantier, toujours en changement, en devenir. 

Martin Bogren

Tractor boys

Au Temple du Goût

«Epuisés, apaisés, les deux peut-être, ils dorment derrière la vitre de la voiture au travers de laquelle le photographe les surprend tendrement. Lumière grise, filtrée, grain sensible, quelques brillances, tout est alors douceur. Abandonnés, ils semblent encore plus jeunes qu’ils ne sont, partis dans un monde qui leur appartient en propre et que les reflets séparent du nôtre encore plus surement que la vitre. L’explication tient dans les autres images, celles qui situent la scène, dès que le regard élargit le champ à une forêt de résineux que la lumière fait briller, à de grands espaces de nature déserte, à ces territoires du Nord qui respirent amplement et dont la nudité, qui peut être exaltante, n’en est pas moins pénible à des adolescents que guette l’ennui. Ils ont besoin de libérer l’énergie qui est en eux et de faire exploser cet ennui qui les mine. Alors, il se sont emparés de ces «car-tractors», ces voitures transformées en outils agricoles dont ils bricolent les moteurs pour libérer de la vitesse; dont ils font crisser les pneus, pour lesquels ils exagèrent l’usage de l’huile afin de se livrer aux ivresses de la vitesse.» Christian Caujolle, extrait de la préface de Tractor Boys , Aman Iman, 2013.

Gilles Raynaldy

Jean-Jaurès, une cité scolaire

 

Durant quatre ans, de 2008 à 2012, Gilles Raynaldy a suivi le quotidien de la cité scolaire Jean-Jaurès à Montreuil, dans la banlieue Est de Paris. 

La série des candidats à l’oral du baccalauréat, présentée ici, fait voir l’attente et la concentration d’adolescents en passe d’être initiés à l’âge adulte par un grand rite national. Il s’agit d’une suite de face à face assumés. Les modèles jouent un rôle, prennent une pose, jouent le naturel devant l’appareil photo. Le photographe leur demande de faire «comme s’il n’était pas là» alors que l’appareil se trouve à 80 cm de leur visage. 

 

Le travail à la cité scolaire Jean-Jaurès à Montreuil a commencé en 2008 dans le cadre d’une résidence d’artiste de deux ans proposée par Le Bal/La Fabrique du Regard en partenariat avec le Ministère de la Culture et de la Communication au sein du dispositif «Écritures de Lumière». D’autres photographies ont été prises ensuite en 2011, 2012, et en 2014. Il fera l’objet d’une publication, intitulée Jean-Jaurès, à paraître chez purpose éditions cet automne.

Au Temple du Goût

Andreas Weinand

Colossal Youth

 

Entre 1988 et 1990, Andreas Weinand passe beaucoup de temps avec Melanie, Öhner, Stiffel, Limbo, Anna et ses amis, un groupe de jeunes qu'il photographie alors qu'ils s'apprêtent à quitter l'adolescence.

 

Au moment où le premier épisode des Simpson est diffusé aux Etats-Unis, où le mur de Berlin tombe et où le World Wide Web est inventé, l'ouragan de la jeunesse fait rage au sein de ce petit groupe qui vit à plein régime. Pour eux, les évênements du monde extérieur ne sont rien en regard du tourbillon émotionnel qui les traverse, nourrit d'un sentiment d'invincibilité, de sexe, de drogues, d'alcool, de chute et de résignation.

 

Au cours de cette d'ébauche d'énergie, les couples se forment et les premiers enfants naissent, signe d'une transition inévitable vers l'âge adulte.

 

Au Temple du Goût

Claudine Doury

Loulan Beauty

 

Par Bruno Nourry : ... "La série Loulan Beauty de Claudine Doury superpose ces deux visions en leur choisissant un motif commun : le portrait de la jeunesse, et en particulier des jeunes femmes.  Si le titre lui-même évoque une très vieille femme (une momie de 4000 ans exhumée avec ses tresses de fille des steppes, image archétypale de la féminité d’Asie Centrale), ce sont des jeunes gens bien vivants qui peuplent ces photographies de leurs rêves, leurs aspirations, leurs regards portés vers un horizon encore indécis. Une scène de mariage à Khiva (Ouzbékistan) emblématise le rapport au temps qui traverse toute la série : au pied des murs de terre de la cité ancestrale, semblant surgie d’un conte oriental, le jeune couple entouré de sa famille s’avance vaillamment vers l’architecture invisible d’une vie à construire, vers le monde de demain encore hors-champ."...

 

Addaya

Joan Bennassar Cerdà, David Crespo, Jorge Fuembuena, Jennis Li Cheng Tien, Tomás Pizá et Andrés Senra

Paradisos terrenals

 

Six artistes internationaux participent à Paradís terrenal : Joan Bennassar Cerdà, David Crespo, Jorge Fuembuena, Jennis Li Cheng Tien, Tomás Pizá et Andrés Senra. Les œuvres sélectionnées ont été produites dans des contextes et des perspectives multiples, toutes portent un intérêt particulier à la communauté, à la relation de l’individu avec son entourage. Elles interrogent notre recherche plurielle d'un paradis terrestre entre retour à la nature et constructions factices d'un éden pérenne. Ces projets artistiques disent notre volonté constante de modifier notre monde ou notre rapport à celui-ci ; l’extérieur se fait autre comme pour mieux modifier notre propre identité. Celle-ci ne se construit plus autour d'un possible futur -un paradis post-mortem- mais plutôt par notre action, légitime ou non, dans le présent.

 

Martial Cherrier

 

En écho au thème « Devenir » et dans le cadre de sa saison culturelle “Corps/Accords?”, le Passage Sainte-Croix, accueille Martial Cherrier, un plasticien-photographe révélé en 2000 lors d’un concours organisé par la Maison Européenne de la Photographie et le laboratoire Central Color. 

Depuis maintenant 15 ans, Martial Cherrier poursuit un questionnement sur les métamorphoses de son corps qu’un complexe d’adolescent  malingre  avait poussé à l’âge de 17 ans vers la pratique intensive du culturisme. Champion de bodybuilding à Los Angeles en 1994, il devient champion de France en 1997. Il arrête alors la compétition pour se consacrer à la création photographique, dont le champ d’investigation est son propre corps façonné, remodelé par le bodybuilding. Photographies, photomontages et installation, réalisés de 1999 à 2013, retracent la quête de Martial Cherrier d’un corps mieux aimé, corps idéal devenu une sorte d’œuvre d’art vivante comparable aux corps sculptés de Michel-Ange ou de Rodin. Mais qu’est-ce qu’un corps idéal ? Est-il possible de s’affranchir des limites imposées par la nature ? Et à quel prix ?

Edgar Martins,

Ambroise Tézenas et Patrick Tourneboeuf

Landscape

 

Ambroise Tézenas s'est inspiré de "l'inconnu du Boulevard du Temple" de Daguerre pour sa nouvelle série sur Paris. Cherchant à photographier le temps qui passe, il nous propose des images très oniriques de Paris, qui bien qu'actuelles, semblent surgir du passé.

La série Traces de Patrick Tourneboeuf réalisée à Kimberley, ancienne ville minière d’Afrique du Sud, se situe dans une veine historique de la photographie, l'image documentaire, à la recherche des traces et cicatrices de cette prospérité perdue.

Les photographies d'Edgar Martins tirées d'une ancienne série, When light casts no shadow, abordent le paysage sous l’angle de l’abstraction. Extrêmement composées graphiquement, ces images troublent notre perception et nous font basculer dans une dimension autre.

Jérôme Blin

Les adolescents

 

Depuis trois ans, Jérôme Blin du collectif Bellavieza s’attache à suivre des adolescents autour de Nantes. De ses images, émane le doux parfum de l’ennui qui colle à la peau de ces jeunes sans histoire vivant dans des banlieues et des campagnes sans histoire. On y sent les journées interminables à cloper, à errer dans les rues bordées de pavillons déprimants ou dans les bars qui ressassent la même musique.

Ce travail a été commencé en résidence à Blain (Petite Biennale Photographique), poursuivi en résidence à la maison des arts de Saint Herblain. Photographier l’ordinaire des ados, sans signe extérieur photogénique, dans des décors dépersonnalisés, en France, et non dans un pays exotique où le droit à l’image n’existe pas, témoigne d’une ambition originale.

 

Cette série à reçu le prix du jury des Zooms de la presse photo 2013 présidé par Peter KnappElle a été projetée lors de la « Nuit de l’année 2014 » aux Rencontres photographiques d’Arles.

Sara Imboul & Benoit Canteteau

T.R.E.S.E.D (film) 

 

Devenir/mouvement par lequel une chose ou un être se forme o​u​  se transforme.​ Photographiées dans des espaces désertiques, des sculptures sont construites avec pour seul repère la ligne, l'horizon. Dans ce jeu de composition corps/objet/espace, les deux auteurs (Sara Imloul, photographe et Benoit Canteteau, performeur) ​se jouent des perspectives et des points de fuite. A​ travers un univers sombre et empreint du mouvement cinématographique expressionniste, ils invitent chacun à se questionner sur l'architecture et les déséquilibres de l’existence. A la suite de l’écriture de la pièce chorégraphique T.R.E.S.E.D (Balade dans les déséquilibres de la chute) Benoit Canteteau trouve alors une résonance dans les ​images ​plasticiennes ​de la photographe Sara Imloul (Galerie Polka).

Ensemble, ils décident d’ouvrir un dialogue entre les deux médiums, dans une unité de temps et d’espace,​mettant en images ces sculptures « corps/objet ». Elles sont présentées sous la​ forme d'un​ duo: exposition photographique et performance.

Vincent Jacques

Collapse - Opus 1

 

Nous ne concevons pas encore la présence du nouveau monde. Ceux qui se sont déjà retirés l’ont fait en silence, emportant les clefs, ne nous laissant ainsi qu’un faible écho de la nuit des temps. Nous n’avons pas inventés les armes pour comprendre. Les cités englouties figurent dans les musées, d’autres Babylones, les nôtres à présent, sont connectées à l’infini. Dans la géométrie des nouveaux espaces nos corps se déplacent avec triste prudence. Nous construisons à la hâte des villes sans lignes de fuites, survolées au long court par notre insignifiance.

 

Les mers elles-mêmes se brisent comme des miroirs, se soulevant des abysses pour envahir de nouveau, et nos terres, et nos cœurs. Dans les décors de nos sommeils nous fermons pour de brefs moments nos yeux repus par les trompe-l’œil.

 

Nous photographions les souvenirs par peur de l’oubli, nous traversons les villes magnétisées par les écrans, nous archivons déjà la panique. La photographie emprunte à la lumière, pour un moment donné et partagé, sa part de mystère, sa part d’ombre. Comme un coup de feu son effet recul  nous projette en nous-mêmes, seulement plus tard de l’impact nous rougirons.